
En résumé :
- Ciblez les « perfs » : une victoire contre un R5 bien classé rapporte beaucoup plus que trois victoires faciles contre des joueurs moins bien classés.
- Analysez le retour sur investissement : un tournoi plus cher mais moins dense peut être plus rentable en points et en temps.
- Jouez malin : profitez des périodes creuses comme les Interclubs ou les vacances pour trouver des tableaux plus ouverts et accessibles.
- Évitez les pénalités : une planification intelligente vous empêchera de déclarer forfait, ce qui nuit à votre classement et à l’écosystème des tournois.
Vous enchaînez les tournois, vous gagnez des matchs, mais votre classement stagne désespérément entre R7 et R6. Chaque saison, le même constat : l’objectif R5 semble s’éloigner malgré vos efforts sur le court. Cette frustration est partagée par de nombreux joueurs amateurs en Suisse. L’approche commune consiste souvent à multiplier les inscriptions, en pensant que le volume de jeu finira par payer. On vous conseille de « jouer plus », de « ne rien lâcher », mais ces recommandations génériques ignorent la mécanique précise et parfois impitoyable du système de classement Swiss Tennis.
La vérité, c’est que monter au classement n’est pas qu’une question de sueur et de régularité. C’est avant tout un jeu stratégique, une chasse aux points où chaque décision compte. Et si la clé n’était pas de jouer plus, mais de jouer plus intelligemment ? Si, au lieu de vous épuiser dans des batailles sans grand gain, vous appreniez à penser comme un « chasseur de perfs », analysant chaque tournoi non pas comme une dépense, mais comme un investissement calculé pour maximiser votre retour en points ?
Cet article va vous dévoiler les coulisses du système et vous armer des stratégies employées par ceux qui grimpent efficacement dans la hiérarchie. Nous allons décomposer la logique du calcul des points, analyser le choix crucial des surfaces et des formats de tournoi, et vous apprendre à lire le calendrier pour frapper au bon moment. Préparez-vous à changer votre vision de la compétition : l’objectif R5 n’est pas un marathon, c’est une course d’obstacles où l’on doit savoir quels sauts privilégier.
Pour vous guider dans cette quête de points, cet article est structuré pour vous transformer en véritable stratège du classement. Explorez chaque section pour maîtriser toutes les facettes de cette approche calculée.
Sommaire : La feuille de route du chasseur de points pour atteindre le classement R5
- Pourquoi battre un R5 rapporte plus que trois victoires contre des R7 ?
- Terre battue ou moquette : quelle surface privilégier selon votre style pour perfer ?
- Tournois par poules ou tableau direct : lequel choisir pour rentabiliser son week-end ?
- L’erreur de s’inscrire à trop de tournois simultanés et risquer la pénalité
- Quand jouer intensément : viser les périodes creuses ou les grands tournois d’été ?
- Comment est calculée la valeur de classement officielle en Suisse ?
- Pourquoi les finances d’inscription varient-elles autant en Suisse ?
- Classement tennis : comment situer son niveau R par rapport aux pros de l’ATP ?
Pourquoi battre un R5 rapporte plus que trois victoires contre des R7 ?
C’est la règle d’or du chasseur de points et le fondement de toute stratégie de progression. Pour comprendre ce principe, il faut se plonger dans la mécanique du classement suisse. Votre classement n’est pas une simple accumulation de points, mais le résultat d’une valeur dynamique, la « valeur de classement » (souvent notée CW). Selon la formule officielle de Swiss Tennis, celle-ci est principalement influencée par votre « valeur de compétition » (W) et une « surprime de risque » (R). La valeur W augmente ou diminue en fonction du classement de vos adversaires.
Gagner contre un joueur beaucoup mieux classé (une « perf ») provoque une augmentation significative de votre valeur W. À l’inverse, une victoire contre un joueur moins bien classé n’apporte qu’un gain marginal. L’étude de cas fournie par Swiss Tennis est éloquente : une victoire de Max (W=5) contre Moritz (W=10) augmente bien plus sa valeur de compétition que sa victoire contre Pascal (W=4). C’est pourquoi une seule victoire bien ciblée contre un R5 peut avoir plus d’impact sur votre classement que de remporter un petit tournoi en ne battant que des joueurs R7 ou R8.
La stratégie n’est donc pas de gagner à tout prix, mais de se donner la chance de réaliser des « perfs ». Cela implique de choisir des tableaux où vous n’êtes pas tête de série, où vous serez confronté à des joueurs mieux classés dès les premiers tours. C’est un risque, car la défaite est plus probable, mais c’est un risque calculé. Chaque match contre un joueur mieux classé est une opportunité d’investissement à fort potentiel de rendement pour votre classement.
Terre battue ou moquette : quelle surface privilégier selon votre style pour perfer ?
Le choix de la surface est un levier stratégique souvent sous-estimé. En Suisse, le calendrier est clairement scindé en deux grandes saisons, chacune favorisant un type de jeu différent. Adapter son calendrier de tournois à ses points forts sur une surface donnée peut faire la différence entre une saison de stagnation et une saison de progression. Il ne s’agit pas seulement de « préférence », mais d’une analyse objective de là où votre jeu est le plus efficace et, par conséquent, le plus susceptible de créer une « perf ».
La terre battue, reine de la saison estivale, ralentit la balle et favorise les longs échanges du fond de court. Les joueurs patients, réguliers, avec un bon lift et une excellente condition physique y sont avantagés. À l’inverse, les surfaces rapides comme la moquette ou le Greenset, qui dominent la saison hivernale en salle, récompensent un jeu offensif. Un service puissant, un bon jeu au filet et la capacité à écourter les points sont des atouts majeurs. Analyser honnêtement votre style de jeu est la première étape : êtes-vous un marathonien du fond de court ou un attaquant explosif ?

Cette distinction est fondamentale pour planifier votre pic de forme et le volume de vos tournois. Si vous êtes un pur terrien, concentrez vos efforts entre mai et septembre. Si vous êtes un spécialiste des surfaces rapides, l’hiver est votre terrain de chasse. Le tableau suivant, basé sur le calendrier type des compétitions suisses, résume cette dualité.
| Saison | Surface dominante | Stratégie recommandée |
|---|---|---|
| Été (mai-août) | Terre battue (70%) | Joueurs de fond de court avantagés |
| Hiver (nov-mars) | Moquette/Greenset (80%) | Serveurs-volleyeurs favorisés |
| Intersaisons | Mixte | Période idéale pour anti-spécialistes |
L’idéal est de maximiser le nombre de tournois sur « votre » surface pour augmenter la probabilité de victoires significatives. Jouer à contre-emploi sur une surface qui ne vous convient pas peut non seulement miner votre confiance, mais aussi vous faire perdre de précieux points contre des adversaires théoriquement à votre portée.
Tournois par poules ou tableau direct : lequel choisir pour rentabiliser son week-end ?
Le format du tournoi est une autre variable clé dans l’équation du chasseur de points. En Suisse, les deux formats principaux, le tableau à élimination directe et les matchs de poules, présentent des avantages et des inconvénients radicalement différents. Le choix ne doit pas se faire au hasard, mais en fonction de votre objectif : garantir du temps de jeu ou maximiser le potentiel de points.
Le tournoi par poules offre une sécurité : vous êtes assuré de jouer plusieurs matchs (souvent 2 ou 3), ce qui est idéal pour accumuler de l’expérience et du rythme, surtout en début de saison. Cependant, le retour sur investissement en points peut être faible. Si vous tombez dans une poule avec des joueurs moins bien classés, même en gagnant tous vos matchs, l’impact sur votre valeur W sera minime. C’est un format à faible risque, mais aussi à faible rendement potentiel.
À l’opposé, le tableau à élimination directe est un format à haut risque et haut rendement. Une défaite au premier tour et votre week-end est terminé. Cependant, c’est dans ce format que les plus belles « perfs » sont possibles. Un bon tirage au sort peut vous placer face à un joueur R5 ou R4 dès le deuxième tour, vous offrant une occasion en or d’empocher des points précieux. C’est le format de prédilection du chasseur de points aguerri. Pour faire le bon choix, il est impératif d’analyser en amont la « densité » du tableau. En consultant la liste des inscrits sur le portail myTennis.ch, vous pouvez évaluer le ratio de joueurs mieux classés que vous. Si plus de 40% des inscrits ont un meilleur classement, le tableau direct devient une option stratégique très attractive.
L’erreur de s’inscrire à trop de tournois simultanés et risquer la pénalité
Dans l’enthousiasme de la chasse aux points, une erreur fréquente est le « surbooking » : s’inscrire à plusieurs tournois se déroulant sur la même période, en espérant choisir le meilleur tableau au dernier moment. Cette pratique, en plus d’être irrespectueuse pour les organisateurs et les autres joueurs, est sévèrement sanctionnée par Swiss Tennis et peut directement saboter votre objectif de classement.
Un forfait de dernière minute (WO, walkover) n’est pas un acte anodin. Premièrement, il vous expose à des sanctions financières et sportives. Selon les directives officielles de classement, une pénalité peut être appliquée à votre valeur de classement après plusieurs forfaits. Cette déduction, même minime, va à l’encontre de tout le travail de maximisation que vous essayez de mettre en place. Deuxièmement, un forfait a un impact négatif sur tout l’écosystème du tournoi. Il prive votre adversaire d’un match et d’une opportunité de gagner des points, ce qui peut dévaluer la compétitivité et la rentabilité du tableau pour tous les participants.

Une planification rigoureuse est donc non seulement une marque de respect, mais aussi une composante essentielle de votre stratégie. Au lieu de vous disperser, concentrez-vous sur un ou deux tournois cibles par période. Analysez les tableaux en amont, engagez-vous pleinement et honorez vos inscriptions. La fiabilité est aussi une qualité de compétiteur. Un calendrier bien pensé, qui alterne périodes de compétition intense et phases de repos ou d’entraînement, est bien plus productif qu’une frénésie d’inscriptions non maîtrisées. La discipline en dehors du court est le reflet de la discipline sur le court.
Quand jouer intensément : viser les périodes creuses ou les grands tournois d’été ?
Le timing est tout aussi crucial que le choix du tournoi. Le calendrier de tennis suisse est marqué par des pics et des creux de participation qui créent des fenêtres d’opportunité pour le joueur stratégique. Savoir identifier ces périodes peut vous permettre d’accéder à des tableaux moins denses et, par conséquent, d’augmenter vos chances de marquer des points importants.
Les grands tournois d’été, avec leurs tableaux fournis, attirent les meilleurs joueurs de la région. Y participer est excellent pour se mesurer à forte partie, mais la concurrence y est maximale, et il est difficile d’avancer dans le tableau. À l’inverse, il existe plusieurs périodes « creuses » durant l’année où la participation est significativement plus faible :
- La période des Interclubs (mai-juin) : C’est sans doute la meilleure fenêtre d’opportunité. De nombreux joueurs R4, R5 et R6 sont mobilisés par leurs clubs et délaissent les tournois individuels. Les tableaux s’en trouvent allégés, offrant des chemins plus dégagés vers les demi-finales ou finales.
- Les vacances scolaires (février, Pâques) : Beaucoup de joueurs partent en famille, ce qui réduit la densité des tableaux, en particulier dans les catégories jeunes adultes.
- La fin de saison (fin septembre/octobre) : La fatigue physique et mentale se fait sentir chez de nombreux compétiteurs. Un joueur encore frais et motivé peut tirer son épingle du jeu.
- La période pré-classement (fin mars) : Certains joueurs sont sous pression pour défendre leurs points, ce qui peut les rendre plus fébriles et vulnérables.
La stratégie consiste donc à anticiper ces périodes et à y concentrer une partie de vos efforts. Alors que beaucoup de joueurs lèvent le pied pendant les Interclubs, le chasseur de points y voit une occasion en or de faire une « perf » dans un tableau individuel plus accessible. Adapter son calendrier à ces flux et reflux de la compétition est une marque d’intelligence de jeu qui va bien au-delà de la simple technique tennistique.
Comment est calculée la valeur de classement officielle en Suisse ?
Comprendre le moteur du classement est indispensable pour ne pas naviguer à l’aveugle. La « valeur de classement » (CW) n’est pas une simple addition de points, mais le résultat d’un algorithme complexe qui évalue dynamiquement votre niveau de jeu. Ce système, bien que paraissant opaque, repose sur une logique qui valorise la performance et minimise l’impact des « contre-performances » logiques.
Le calcul de votre valeur de compétition (W) est au cœur du processus. À chaque recalcul (deux fois par an), le système Swiss Tennis utilise 5 étapes de recalcul itératif pour ajuster la valeur W de chaque joueur en fonction de tous ses résultats. Concrètement, le système compare votre valeur W provisoire à celle de vos adversaires. Une victoire contre un joueur avec une valeur W supérieure à la vôtre augmente votre propre W, tandis qu’une défaite la diminue. L’ampleur de la variation dépend de l’écart entre les deux valeurs W.
L’exemple de l’évolution de la valeur CW d’un joueur R6 est très parlant : si ce joueur (disons W=5) bat un R5 (W=10), sa valeur W va grimper en flèche. S’il perd ensuite contre un R4 (W=12), l’impact négatif sera minime, car la défaite est considérée comme « logique » par le système. L’algorithme est conçu pour récompenser la prise de risque et la capacité à battre des joueurs mieux classés. Le tableau ci-dessous, inspiré des explications de Swiss Tennis, synthétise l’impact des différents types de résultats.
| Résultat | Impact sur W | Impact sur R |
|---|---|---|
| Victoire sur joueur mieux classé | Forte augmentation | Bonus élevé |
| Victoire sur joueur moins bien classé | Faible augmentation | Bonus faible |
| Défaite contre joueur mieux classé | Impact minimal | Bonus standard |
| Défaite contre joueur moins bien classé | Forte diminution | Bonus élevé |
En résumé, le système vous encourage à vous mesurer à plus fort que vous. Chaque match est une évaluation, et ce sont les évaluations positives face à des défis relevés qui vous feront grimper au classement, bien plus qu’une série de succès attendus.
Pourquoi les finances d’inscription varient-elles autant en Suisse ?
La finance d’inscription est une variable que l’on a tendance à considérer comme une simple formalité. Pourtant, dans une optique de « chasse aux points », elle doit être intégrée à une analyse plus globale : le calcul du retour sur investissement (ROI) de chaque tournoi. Les frais peuvent varier du simple au triple selon le canton, la catégorie du tournoi ou le club organisateur. Un tournoi plus cher n’est pas forcément un mauvais investissement, et un tournoi bon marché n’est pas toujours une bonne affaire.
Le véritable coût d’un tournoi ne se limite pas à son prix d’entrée. Il faut y ajouter les frais de déplacement (essence, péages), le temps investi, et parfois même une nuit d’hôtel. Un tournoi à 60 CHF à côté de chez vous peut sembler plus attractif qu’un autre à 80 CHF à deux heures de route. Mais si le tournoi local est sur-dense en joueurs de votre niveau (R6/R7) et que le tournoi lointain présente un tableau plus ouvert avec plusieurs R5 accessibles, l’investissement supplémentaire peut être largement rentabilisé par le potentiel de points beaucoup plus élevé.
L’exemple d’un arbitrage entre un tournoi à Genève et un autre en Valais illustre parfaitement ce concept. Le tournoi genevois, avec un tableau de 64 joueurs R5-R6, peut ne rapporter des points significatifs qu’à partir des quarts de finale. Le tournoi valaisan, bien que plus coûteux en déplacement, avec seulement 16 joueurs R6-R7, pourrait offrir un meilleur ROI avec des points accessibles dès le premier tour gagné. Il faut donc apprendre à calculer le « coût par point potentiel ».
Plan d’action : Calculer le coût réel par point potentiel
- Chiffrer le coût total : Additionnez les frais d’inscription, les frais de déplacement (par ex. 0.70 CHF/km), les péages et autres dépenses annexes.
- Analyser la structure de points : Consultez le tableau du tournoi sur myTennis.ch pour identifier les « matchs-cibles » (ceux qui rapportent le plus de valeur W).
- Estimer le gain potentiel : Évaluez de manière réaliste vos chances d’atteindre et de gagner ces matchs-cibles.
- Calculer le ratio coût/point : Divisez le coût total estimé par le gain de valeur W potentiel pour obtenir votre ROI.
- Arbitrer et décider : Comparez le ratio de plusieurs tournois et choisissez celui qui offre le meilleur retour sur investissement pour votre classement.
Cette approche transforme une simple dépense en une décision d’investissement stratégique, alignée avec votre objectif de monter R5.
À retenir
- Le calcul prime sur le volume : Visez des matchs à haute valeur ‘W’ contre des joueurs mieux classés.
- Chaque tournoi est un investissement : analysez le ‘coût par point potentiel’ avant de vous inscrire.
- Le calendrier est votre allié : exploitez les périodes creuses (Interclubs, vacances) pour trouver des tableaux plus favorables.
Classement tennis : comment situer son niveau R par rapport aux pros de l’ATP ?
Après avoir disséqué les stratégies pour grimper dans la hiérarchie suisse, il est utile de prendre du recul et de mettre en perspective ces classements R. L’objectif R5 est un défi stimulant et un marqueur de très bon niveau amateur, mais où se situe-t-il dans la grande pyramide du tennis mondial ? Comprendre cet écart permet de mesurer le chemin parcouru et de garder les pieds sur terre.
Le système suisse comprend 13 catégories de classement au total : 4 nationales (de N1, le plus haut niveau, à N4) et 9 régionales (de R1 à R9). Un joueur classé R5 fait partie des bons joueurs de club, capable de produire un tennis solide et constant. Cependant, le fossé qui le sépare du niveau professionnel est colossal. Les joueurs qui commencent à gagner leur vie sur le circuit, même au-delà du top 200 de l’ATP, sont presque tous issus des classements N1 en Suisse.
Le parcours d’un espoir suisse comme Dominic Stricker est un excellent exemple. Avant même de s’illustrer sur le circuit junior international puis professionnel, il était déjà classé parmi les tout meilleurs joueurs nationaux (R1 ou N4) à l’adolescence. Le passage de N1 au top 500 ATP représente déjà un saut immense en termes d’investissement, de structure d’entraînement et, surtout, de niveau de jeu quotidien. Pour un joueur R5, le monde des pros de l’ATP est une autre galaxie. Cela ne doit en aucun cas diminuer la valeur de l’objectif R5, bien au contraire. Cela le replace dans son contexte : celui de l’excellence au niveau du sport amateur, un but déjà très ambitieux et gratifiant.
Votre prochaine saison commence maintenant, avec une nouvelle vision. Analysez le calendrier, calculez vos opportunités et transformez chaque inscription en un pas calculé vers le classement R5. La chasse aux points est ouverte.