
Contrairement à l’idée reçue, la clé pour frapper plus fort au tennis n’est pas d’accumuler de la force de poussée, mais de développer un corps intelligent, équilibré et protecteur.
- La performance réside dans la capacité à freiner les mouvements (travail excentrique) pour prévenir les blessures et préparer la frappe suivante.
- La puissance réelle provient d’une chaîne cinétique solide, partant des jambes et transférée par un gainage fonctionnel, et non d’un excès de pectoraux.
Recommandation : Abandonnez les programmes de musculation génériques au profit d’un entraînement fonctionnel qui privilégie l’équilibre postural, le travail unilatéral et l’endurance spécifique au tennis.
Vous enchaînez les heures sur le court, vous travaillez votre technique, mais vous sentez que vous plafonnez. Votre service manque de « pop », vos frappes de lourdeur, et une douleur sournoise à l’épaule ou au dos apparaît après des matchs intenses. Votre premier réflexe, comme beaucoup de joueurs de club, est peut-être de vous tourner vers la salle de musculation. Plus de développé couché pour la puissance, plus de squats lourds pour les jambes. Pourtant, cette approche, héritée du bodybuilding, est souvent une impasse pour le tennisman. Elle crée des déséquilibres, enroule les épaules et augmente le risque de blessure sans améliorer significativement la performance sur le court.
La vérité est plus subtile et bien plus fonctionnelle. La performance au tennis ne vient pas de la force brute de « poussée », mais de la capacité du corps à « freiner » et à « transférer » l’énergie. L’objectif n’est pas de construire des muscles pour l’esthétique, mais de bâtir une chaîne cinétique intelligente, équilibrée et protectrice. Une chaîne où le freinage excentrique et la stabilité du gainage sont plus importants que la force concentrique des pectoraux. La puissance de votre coup droit ne naît pas dans votre bras, mais dans votre pied d’appui, remonte par vos hanches et votre tronc avant d’exploser dans la raquette.
Cet article n’est pas une liste d’exercices de plus. C’est un changement de paradigme. Nous allons déconstruire les mythes de la préparation physique classique et vous donner les clés d’un renforcement musculaire intelligent, spécifiquement adapté aux exigences du tennis moderne et au contexte des joueurs amateurs en Suisse. Vous découvrirez pourquoi freiner est plus important que pousser, comment vos fessiers sont le vrai moteur de votre service, et pourquoi le footing traditionnel est une perte de temps pour votre endurance sur le court.
Pour naviguer efficacement à travers ces concepts clés, voici la structure de notre guide. Chaque section est conçue pour répondre à une question précise et vous fournir des outils concrets pour transformer votre approche de l’entraînement hors du court.
Sommaire : Votre feuille de route pour un renforcement tennis intelligent
- Pourquoi le freinage (excentrique) est plus important que la poussée pour éviter les blessures ?
- Fessiers et ischios : pourquoi sont-ils le moteur caché de votre service ?
- Comment corriger une jambe plus faible que l’autre pour améliorer ses déplacements ?
- L’erreur de faire trop de « pecs » qui enroule les épaules et nuit au service
- Cryothérapie ou sauna : que choisir selon le type de fatigue musculaire ?
- Pourquoi le footing continu est inutile pour votre endurance au tennis ?
- Pourquoi des abdos forts sont la meilleure assurance vie de vos lombaires ?
- Charge d’entraînement : comment progresser sans se griller quand on travaille à 100% ?
Pourquoi le freinage (excentrique) est plus important que la poussée pour éviter les blessures ?
Au tennis, chaque frappe explosive (coup droit, service) est immédiatement suivie d’une phase de décélération. C’est ce qu’on appelle le travail excentrique : le muscle s’étire tout en contrôlant une charge. Pensez à votre bras après un service à pleine puissance ou à votre jambe d’appui qui absorbe l’impact d’une course vers l’avant. La majorité des blessures musculaires au tennis, comme les déchirures aux ischio-jambiers ou les tendinites de l’épaule (coiffe des rotateurs), surviennent durant cette phase de freinage, pas durant la poussée.
Un muscle fort en « poussée » (concentrique) mais faible en « freinage » (excentrique) est un moteur puissant avec de mauvais freins. Le résultat ? Une perte de contrôle et un risque de blessure décuplé. En renforçant spécifiquement la capacité de vos muscles à décélérer, vous construisez une véritable armure. Vous améliorez votre capacité à vous repositionner rapidement après une frappe, vous gagnez en stabilité et vous diminuez drastiquement la charge sur vos articulations et vos tendons. C’est le secret d’une carrière longue et sans pépins physiques.
L’intégration d’exercices excentriques ciblés, surtout en pré-saison, est donc non négociable pour tout joueur sérieux. Il ne s’agit pas de soulever lourd, mais de contrôler le mouvement, en particulier la phase de descente ou de retour.
3 exercices excentriques pré-saison pour tennismen
- Nordic Curls : 3 séries de 6-8 répétitions avec une descente contrôlée sur 3-4 secondes. Reposez-vous 90 secondes entre les séries. Cet exercice est le roi pour renforcer les ischio-jambiers en phase de freinage.
- Fente bulgare excentrique : 3 séries de 8-10 répétitions par jambe, en se concentrant sur une phase de descente de 4 secondes. Le contrôle est la clé pour renforcer quadriceps et fessiers.
- Single Leg Romanian Deadlift excentrique : 3 séries de 6-8 répétitions, avec une descente lente sur 4-5 secondes. Idéal pour la stabilité de la hanche et le renforcement des ischios et des fessiers.
En somme, changer votre focus de la « poussée » vers le « freinage » est le premier pas vers un corps plus résilient et, paradoxalement, plus puissant.
Fessiers et ischios : pourquoi sont-ils le moteur caché de votre service ?
On pense souvent que la puissance du service vient de l’épaule et du bras. C’est une illusion. La véritable source d’énergie est au sol. Le service est une chaîne cinétique : une séquence de transfert de forces qui part de vos pieds, est amplifiée par la rotation de vos hanches et de votre tronc, puis finalement libérée par le bras et la raquette. Le maillon le plus puissant de cette chaîne ? Ce sont vos fessiers et vos ischio-jambiers.
Lors de la « trophy pose » (la position armée), vous chargez l’énergie dans votre jambe d’appui en fléchissant le genou et la hanche. C’est l’extension explosive de cette hanche, propulsée par les fessiers, qui initie la rotation ascendante du corps. Des fessiers faibles ou inactifs signifient un transfert d’énergie médiocre. Le corps va alors compenser en sur-sollicitant le bas du dos et l’épaule, une recette parfaite pour les blessures et un service sans consistance. Un service puissant et fluide est le symptôme de fessiers qui fonctionnent correctement.
Cette illustration montre parfaitement comment la force est transférée du bas du corps vers le haut, soulignant le rôle central des hanches.

Comme le montre ce visuel, la puissance est un flux continu. Chaque maillon doit être solide. D’ailleurs, une fois la puissance générée, elle doit être contrôlée. C’est là que les stabilisateurs de l’omoplate travaillent de manière concentrique et excentrique, un principe clé souligné par la recherche en biomécanique du service. Sans un haut du corps stable pour recevoir et canaliser cette énergie, la puissance générée par les jambes est tout simplement perdue.
En conclusion, si vous voulez ajouter des kilomètres/heure à votre service, commencez par des exercices comme le hip thrust, le soulevé de terre roumain et les kettlebell swings, bien avant de toucher à un haltère pour vos bras.
Comment corriger une jambe plus faible que l’autre pour améliorer ses déplacements ?
Le tennis est un sport fondamentalement asymétrique. Vous frappez presque toujours du même côté, vous prenez vos appuis de manière préférentielle sur une jambe. Cette répétition de milliers de mouvements unilatéraux crée inévitablement des déséquilibres musculaires entre votre côté dominant et votre côté non-dominant. Une jambe devient plus forte, plus stable, plus réactive que l’autre. Si ce déséquilibre dépasse un certain seuil (généralement autour de 15%), il devient un facteur de risque majeur pour les blessures (genou, cheville, hanche) et un frein à votre performance.
Un déficit de force sur une jambe nuit à votre capacité à changer de direction rapidement, à votre stabilité sur les frappes en bout de course et à votre puissance lors des démarrages. En Suisse, où les glissades sur terre battue sont courantes pendant la saison des interclubs, une jambe faible peut rendre un appui instable et dangereux. Corriger ces asymétries n’est pas une option, c’est une nécessité pour tout joueur qui souhaite progresser et durer.
La solution est simple en théorie : le travail unilatéral. Oubliez les barres de squat lourdes sur vos deux épaules pour un temps. Concentrez-vous sur des exercices qui ciblent une jambe à la fois : fentes, pistol squats assistés, step-ups, soulevés de terre à une jambe. Le protocole est simple mais rigoureux : commencez toujours vos séries par le côté le plus faible. Cela vous permet de lui consacrer le plus d’énergie et de concentration. Ensuite, ajoutez un volume de travail supplémentaire (une série de plus ou quelques répétitions en plus) sur ce même côté faible à la fin de votre exercice pour accélérer le rattrapage.
Intégrer systématiquement des tests simples comme le « Single Leg Hop Test » (saut sur une jambe) permet d’objectiver ces différences et de suivre vos progrès. Un corps équilibré est un corps plus rapide, plus puissant et infiniment plus résistant.
L’erreur de faire trop de « pecs » qui enroule les épaules et nuit au service
Dans la quête de puissance, beaucoup de joueurs se jettent sur le développé couché, pensant que des pectoraux plus forts se traduiront par des frappes plus lourdes. C’est l’une des erreurs les plus courantes et les plus dommageables en préparation physique pour le tennis. Un excès de travail de « poussée » (pectoraux, avant de l’épaule) par rapport au travail de « tirage » (muscles du dos, arrière de l’épaule) crée un déséquilibre postural majeur. Les pectoraux, devenus trop forts et trop raides, tirent les épaules vers l’avant, provoquant une posture voûtée.
Cette position d’épaules « enroulées » a deux conséquences désastreuses pour un joueur de tennis. Premièrement, elle réduit considérablement la mobilité thoracique et la rotation de l’épaule, limitant l’amplitude de votre armé au service et donc votre potentiel de puissance. Deuxièmement, elle place l’articulation de l’épaule dans une position de conflit mécanique, augmentant de façon dramatique le risque de tendinites et de blessures de la coiffe des rotateurs. Vous perdez en puissance tout en vous exposant à des blessures.
Un coach de conditionnement fonctionnel ne vous dira jamais d’arrêter de renforcer vos pectoraux, mais il insistera sur un ratio équilibré. Pour chaque exercice de poussée, vous devriez en faire au moins deux de tirage.
Ce tableau simple résume la philosophie à adopter pour un haut du corps sain et performant, qui est à l’opposé de celle d’un bodybuilder.
| Type d’exercice | Volume recommandé | Muscles ciblés | Impact tennis |
|---|---|---|---|
| Exercices de poussée (développé couché) | 1 série | Pectoraux, triceps | Force de frappe |
| Exercices de tirage (rowing, face pulls) | 2 séries | Dorsaux, rhomboïdes | Stabilité épaule, prévention |
| Mobilité thoracique | Quotidien 5-10 min | Colonne thoracique | Amplitude service |
Pour contrer cette tendance à s’enrouler, la mobilité thoracique quotidienne avec un rouleau de massage est aussi importante que le renforcement lui-même.

En somme, la clé d’un service puissant ne se trouve pas dans des pectoraux surdéveloppés, mais dans un dos fort et des épaules mobiles et saines.
Cryothérapie ou sauna : que choisir selon le type de fatigue musculaire ?
Après un long match d’interclubs ou une séance de force intense, la question de la récupération se pose. Parmi les méthodes populaires, le froid (cryothérapie, bain froid) et le chaud (sauna) dominent. Mais ce ne sont pas des outils interchangeables. Leur utilisation dépend du type de stress que vous venez d’infliger à votre corps. Choisir la bonne méthode au bon moment peut accélérer considérablement votre récupération, tandis qu’un mauvais choix peut être contre-productif.
Le froid est un puissant anti-inflammatoire. Après un effort long et traumatisant pour les muscles, comme un match de plus de 3 heures, le corps subit une forte inflammation et des micro-déchirures musculaires. L’immersion dans un bain froid (10-15°C) ou une séance de cryothérapie corps entier va provoquer une vasoconstriction, limitant l’œdème, calmant la douleur et réduisant la réponse inflammatoire. C’est l’outil idéal pour « éteindre l’incendie » après une grosse bataille.
Le sauna, à l’inverse, favorise la détente musculaire et la circulation sanguine (vasodilatation). Après une séance de musculation où le but est justement de créer des adaptations (hypertrophie), utiliser le froid immédiatement peut freiner ces processus. Le sauna, utilisé quelques heures après ou le lendemain, va aider à relâcher les tensions musculaires, améliorer l’apport en nutriments vers les muscles et favoriser l’élimination des déchets métaboliques. C’est l’outil parfait pour la relaxation et la récupération d’une fatigue plus « nerveuse » que « structurelle ». En Suisse, l’accès aux saunas dans les fitness et les bains publics est très répandu, ce qui en fait une option facile à intégrer.
Ce guide vous aidera à y voir plus clair selon votre planning d’entraînement, avec des options très accessibles en Suisse.
| Type de séance | Méthode recommandée | Durée | Disponibilité en Suisse |
|---|---|---|---|
| Match interclubs 3h+ | Cryothérapie/Bain froid | 3-5 min (cryo) ou 10-15 min (bain) | Centres spécialisés Lausanne, Zurich |
| Séance de force | Sauna | 15-20 min | Fitness et bains publics (très répandu) |
| Entraînement technique léger | Récupération passive | Sommeil 8h+ | – |
Pour les budgets plus serrés ou en déplacement, une douche contrastée (alternance chaud/froid) est une excellente alternative pour stimuler la circulation après un match intense.
Pourquoi le footing continu est inutile pour votre endurance au tennis ?
L’endurance est un terme fourre-tout. L’endurance d’un marathonien n’est pas celle d’un joueur de tennis. Pourtant, l’une des erreurs les plus tenaces dans la préparation physique du joueur de club est de croire que le footing à allure modérée et constante est la clé pour tenir des matchs de 3 sets. C’est faux. Le tennis est un sport d’efforts intermittents à haute intensité. Il est fait d’une succession de sprints très courts (3 à 5 secondes en moyenne), de changements de direction, de sauts, suivis de courtes périodes de récupération (20-25 secondes entre les points).
Faire un footing de 45 minutes améliore votre capacité aérobie de base, mais ne prépare absolument pas votre corps à la nature explosive et répétée des efforts spécifiques au tennis. Votre corps a besoin d’apprendre à produire un effort maximal, à récupérer rapidement, et à recommencer des dizaines, voire des centaines de fois. C’est la définition même de l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT).
Le HIIT consiste à alterner des périodes d’effort très intenses (proches de 100% de votre capacité) avec des périodes de récupération courte, active ou passive. Des protocoles comme 30 secondes de sprint suivies de 30 secondes de repos, répétés 8 à 10 fois, miment bien plus fidèlement les exigences d’un point de tennis qu’une course continue. De manière assez spectaculaire, une étude comparative a montré que des protocoles HIIT de 2.5 à 13.5 minutes améliorent autant, voire plus, le VO2max et la capacité à répéter des sprints qu’un footing de 45 minutes.
Arrêtez de perdre votre temps sur le tapis de course. Deux séances de HIIT de 15-20 minutes par semaine, avec des exercices spécifiques au tennis (courses navettes, déplacements en pas chassés, etc.), transformeront votre endurance sur le court bien plus efficacement que des heures de footing.
Pourquoi des abdos forts sont la meilleure assurance vie de vos lombaires ?
Le terme « abdos » est souvent réduit à l’image du « six-pack » (le grand droit). Pour un joueur de tennis, cette vision est dangereusement incomplète. La véritable force abdominale réside dans ce que l’on appelle le caisson abdominal ou le « core ». Il s’agit d’un ensemble de muscles profonds, incluant le transverse, les obliques et les muscles du plancher pelvien, qui agissent comme un corset naturel autour de votre colonne vertébrale.
Chaque coup droit, chaque revers et chaque service génère des forces de rotation phénoménales qui transitent par votre tronc. Si ce caisson abdominal est faible, il ne peut pas stabiliser la colonne lombaire. Les vertèbres se retrouvent alors à subir des torsions et des compressions excessives, menant inévitablement à des douleurs lombaires, des blocages et, à terme, des blessures plus graves comme des hernies discales. Des abdos forts et fonctionnels ne servent pas qu’à transférer la puissance ; ils servent avant tout à protéger votre dos.
Le travail de gainage est donc essentiel, mais il doit être intelligent. Oubliez les centaines de « crunchs » qui ne font que renforcer le grand droit en flexion. Privilégiez des exercices de gainage anti-rotation et anti-flexion latérale, qui apprennent à vos muscles profonds à résister aux forces du tennis.

Le focus doit être mis sur la qualité de l’engagement des muscles profonds, comme le transverse, pour créer une véritable « ceinture de force » protectrice. Un caisson abdominal solide est la pièce maîtresse qui lie la puissance de vos jambes à la précision de votre bras.
Votre plan d’action pour un gainage indestructible
- Points de contact : Identifiez votre routine actuelle. Faites-vous des crunchs ? Du gainage facial uniquement ? Listez tous vos exercices pour le « ventre ».
- Collecte : Votre routine inclut-elle des exercices anti-rotation (ex: Pallof press), anti-flexion latérale (ex: gainage latéral) et de stabilisation (ex: Dead Bug) ?
- Cohérence : Confrontez vos exercices à leur but réel. Renforcent-ils le caisson pour résister aux torsions du tennis ou ne font-ils que fléchir la colonne ?
- Mémorabilité/émotion : Sentez-vous vos obliques et votre transverse travailler pendant l’effort, ou seulement le « six-pack » ? La sensation de « brûlure » doit être profonde.
- Plan d’intégration : Remplacez 2-3 de vos exercices actuels par ceux de la routine « Le réveil du caisson » (Dead Bug, Bird Dog, Gainage latéral dynamique) à faire avant chaque séance de tennis.
Considérez ces 5 minutes d’activation du caisson avant de jouer non pas comme un échauffement, mais comme la souscription à la meilleure assurance vie pour vos lombaires.
À retenir
- La prévention des blessures passe par le renforcement de la capacité de freinage (excentrique), et non par la seule force de poussée.
- La puissance au tennis est une chaîne cinétique : elle part des jambes (fessiers/ischios) et est transférée par un gainage solide.
- L’équilibre est la clé : compensez les asymétries par du travail unilatéral et maintenez un ratio de 2 exercices de tirage pour 1 de poussée.
Charge d’entraînement : comment progresser sans se griller quand on travaille à 100% ?
En tant que joueur de club ambitieux, souvent avec un emploi à temps plein, jongler entre le travail, la vie de famille, les entraînements et les matchs d’interclubs est un véritable défi. La tentation est grande de vouloir « tout faire à fond » : séance de force le lundi, HIIT le mardi, cours de tennis le mercredi, match le week-end… C’est la voie la plus rapide vers le surentraînement, la stagnation et la blessure. La progression ne vient pas de l’accumulation désordonnée de séances, mais d’une planification intelligente de la charge et de la récupération.
Le principe clé est la périodisation. Il s’agit d’organiser son année en blocs, chacun avec un objectif prioritaire. On ne peut pas développer la force maximale, l’endurance et la technique de pointe en même temps. En s’inspirant du calendrier compétitif suisse, un joueur intelligent structurera son année. Par exemple, une application concrète pour un joueur d’interclubs pourrait être : Lundi récupération active (vélo, natation), Mercredi séance de force ciblée, Vendredi entraînement de tennis intensif, et le week-end réservé aux matchs. Cela laisse des jours de repos complets pour la surcompensation, qui est le moment où le corps progresse réellement.
Il est crucial de comprendre que les entraînements à haute intensité comme le HIIT sont très taxants pour le système nerveux et ne devraient pas être pratiqués plus de deux fois par semaine, surtout si le volume de tennis est déjà élevé. Écouter son corps, suivre sa fatigue et ne pas hésiter à remplacer une séance dure par une séance de récupération active est une marque d’intelligence, pas de faiblesse.
Cette planification annuelle, adaptée au calendrier de Swiss Tennis, offre une vision claire de la manière dont les priorités d’entraînement devraient évoluer au fil des saisons.
| Période | Focus entraînement | Volume tennis | Compétitions |
|---|---|---|---|
| Hiver (Nov-Fév) | Bloc force + mobilité | 2-3h/semaine indoor | Tournois indoor |
| Printemps (Mars-Avril) | Bloc endurance + transition surfaces | 4-5h/semaine | Préparation interclubs |
| Été (Mai-Sept) | Maintien + spécifique tennis | 6-8h/semaine | Interclubs + tournois |
| Automne (Oct) | Récupération active | 2-3h/semaine | Fin de saison |
Progresser durablement, c’est l’art de savoir quand appuyer sur l’accélérateur, mais surtout, quand lever le pied. Pour le joueur amateur, la qualité et la pertinence de l’entraînement priment toujours sur la quantité.